Ces résistantes françaises ont changé le cours de la Seconde Guerre mondiale...
Les femmes jouèrent un rôle crucial dans la résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale. Leur action a pourtant été largement sous-estimée dans l'écriture de l'Histoire.
MARIE-MADELEINE FOURCADE
Sous le pseudonyme POZ 55, elle organisa avec rigueur le réseau Alliance, jouant un rôle vital dans la collecte de renseignements pour les Alliés. Comptant près de 24 % de femmes, son réseau joua un rôle crucial dans la bataille de l'Atlantique en fournissant des renseignements précieux sur les mouvements de troupes allemandes et les installations stratégiques.
Après la guerre, elle continua de soutenir les survivants et les familles des membres du réseau, publiant des mémoires et défendant la mémoire de la Résistance en tant que présidente du Comité d'action de la Résistance. Elle mourut le 20 juillet 1989 à Paris.
BERTY ALBRECHT
En 1924, elle s'installa à Londres avec son époux hollandais, Frédéric Albrecht, et commença à s'intéresser aux droits des femmes. Revenant à Paris en 1931, elle devint membre de la Ligue des Droits de l'Homme et créa la revue Le Problème sexuel, défendant le droit à l'avortement libre.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoignit le Mouvement de Libération nationale (MLN) et le journal Combat. Arrêtée plusieurs fois par la Gestapo, elle fut finalement retrouvée pendue dans sa cellule à Fresnes le 31 mai 1943. Son décès fut annoncé par les Allemands en mai 1943, mais les circonstances exactes de sa mort restèrent floues jusqu'à la découverte de son corps en 1945. Elle fut inhumée au Mémorial de la France combattante au Mont Valérien à Suresnes.
LAURE DIEBOLD-MUTSCHLER
Laure Diebold, née Laure Mutschler le 10 janvier 1915 à Erstein dans le Bas-Rhin, était une résistante alsacienne. Avant la Seconde Guerre mondiale, elle travaillait comme secrétaire sténo-dactylographe bilingue français-allemand. Durant la guerre, elle œuvra dans la résistance en tant que passeuse pour les prisonniers évadés en Alsace.
Repérée par l'occupant, elle fuit en 1941 pour rejoindre Lyon, où elle s’engagea dans le réseau « Mithridate ». Malgré son arrestation en juillet 1942, elle continua son activité résistante sous divers pseudonymes, notamment « Mona » et « Mado ». En tant que secrétaire de Jean Moulin à la Délégation Générale des Forces Françaises Libres, elle joua un rôle crucial dans la coordination des actions de résistance. Après l'arrestation de Moulin, elle poursuivit son engagement à Paris.
À nouveau arrêtée en 1943, elle échappa à la torture en convainquant la Gestapo qu'elle n'était qu'une messagère. Déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück et Taucha, elle échappa miraculeusement à la mort grâce à l'intervention d'un médecin.
Libérée en 1945, elle retrouva son mari et reprit le travail malgré sa santé affaiblie. Elle mourut le 17 octobre 1965 à Lyon, où elle avait continué son engagement civil. Elle repose désormais en Alsace, à Sainte-Marie-aux-Mines.
MARCELLE HENRY
Marcelle Henry naquit le 7 septembre 1895 à Angers, où son père était inspecteur départemental du Travail. Après des études secondaires à Limoges et à Paris, elle devint bachelière puis licenciée en histoire-géographie, et enseigna pendant trois ans.
En 1919, elle entra au ministère du Travail, suivant la tradition familiale. Promue rédactrice en 1922, elle prit en charge son frère aîné après la mort de leur mère en 1925. En 1931, elle fut nommée sous-chef de bureau au ministère, puis dirigea le bureau de l'hygiène et de la sécurité des travailleurs à partir de 1937.
Engagée dans la Résistance dès l'armistice, elle créa un réseau de distribution de tracts et offrit un refuge aux persécutés. En 1942, elle fut placée à la tête du Service central et du Secrétariat de la Direction du Travail. Incorporée aux Forces françaises combattantes en 1943, elle travailla comme agent de liaison pour le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), contribuant à l'évasion d'officiers alliés.
Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle subit des interrogatoires, mais refusa de divulguer des informations compromettantes. Déportée à Ravensbrück, elle fut libérée en avril 1945 et décéda peu après des suites des mauvais traitements. Elle fut inhumée à Paris, recevant à titre posthume le titre de sous-directeur honoraire au ministère du Travail et de la Sécurité sociale en reconnaissance de sa carrière et de ses actions résistantes.
Dédée de Jongh mit sur pied le réseau Comète avec des membres de sa famille afin ...
Dédée de Jongh mit sur pied le réseau Comète avec des membres de sa famille afin d’aider les pilotes alliés abattus en Belgique à fuir ce territoire occupé.
PHOTOGRAPHIE DE Imperial War Museum
ANDRÉE DE JONGH
Surnommée la « Factrice », Andrée « Dédée » de Jongh dirigea le réseau Comète, un réseau secret actif en Belgique et en France sous l’Occupation dont la mission était d’évacuer et de mettre en sécurité les soldats et aviateurs alliés tombés en territoire ennemi. Avec son réseau, elle leur fournissait des habits civils et de faux papiers d’identité puis les menait de lieu sûr en lieu sûr avant de leur faire traverser la frontière franco-espagnole dans les Pyrénées. Là, les responsables consulaires britanniques prenaient le relais et les évacuaient par Gibraltar. Le réseau Comète secourut 800 soldats alliés au total, et Dédée de Jongh effectua personnellement des dizaines de voyages à pied. Un pilote britannique qu’elle aida la décrivit comme « une jeune fille frêle qui semble avoir vingt ans, très jolie, agréable, gentille, joyeuse et simple. »
Les nazis finirent par l’arrêter et par l’envoyer dans plusieurs camps de concentration, dont celui de Ravensbrück. Malgré vingt-et-un interrogatoires, elle refusa de donner le nom de ses compagnons de résistance ou de trahir aucun de ses camarades, dont son père, qui était lui aussi soupçonné. Ce dernier fut exécuté, mais elle survécut, seulement parce que les nazis sous-estimèrent l’importance de cette jeune femme frêle.

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